QUAND LE JEÛNE SE FAIT MOINS SÉVÈRE

Publié le par L' équipe du blog.

Quand le jeûne se fait moins sévère et plus spirituel

L'Église ne regarde plus dans les assiettes. Aux interdits de plus en plus contraignants, l'Église catholique préfère aujourd'hui une approche plus spirituelle du Jeûne : la prière et le partage.

Ce trépied de la vie spirituelle, l'Église naissante n'a pas eu besoin de l'inventer. Le peuple juif l'avait de longue date précédée sur cette voie.

Les modalités du jeûne chrétien ont pourtant beaucoup varié. Au départ, les premiers chrétiens s'étant affranchis de la loi mosaïque, seule une certaine modération était recommandée (1re Lettre de Paul aux Corinthiens, chapitre 10). Le jeûne imposé a atteint plus d'un tiers des jours de l'année. Ce n'est qu'au IVe siècle qu'un temps liturgique spécifique, orienté vers la fête de la Résurrection, est apparu.

Jusque-là, le jeûne de purification d'avant la Pâque n'était que de deux jours (vendredi et samedi saints), une semaine au plus. Étendu à quarante jours ­ en latin, quadragesima ­, il donna naissance à ce que l'on appelle depuis le Carême.

Un programme de jeûne bien cadré...

À la suite des premiers moines du désert d'Égypte, les chrétiens eurent dès lors obligation pendant cette période de jeûner tous les jours, sauf les dimanches, et de faire abstinence au moins deux jours par semaine. Pour atteindre le chiffre symbolique de la durée du séjour du Christ au désert, l'Église institua même trois jours supplémentaires entre le mercredi des Cendres et le premier dimanche de Carême.

Au Carême, il fallait ajouter les deux jours de jeûne hebdomadaire (le mercredi et le vendredi, portés à trois durant l'Avent), ainsi que le jour précédent chaque grande fête liturgique et les jours ou demi-jours de jeûne que l'évêque avait liberté de décider pour motifs exceptionnels. Au total, plus d'un tiers des jours de l'année devaient être jeûnés ! Dans la pratique, chacun se débrouillait comme il pouvait pour ne prendre qu'un seul repas par jour, après vêpres, s'abstenir de vin, de viande, de lard, de gibier, d’œufs, de pâtisseries et de tout produit animal autre que le poisson.

On est loin, aujourd'hui, des privations de jadis, qu'un poème satirique du XIIIe siècle qualifiait de "chagrin", de "tourment", "d'abomination... L'allégement s'est fait progressivement depuis le début de ce siècle, la Seconde Guerre mondiale marquant une étape décisive.

... contre une pénitence adaptée à chacun

Aujourd'hui, les évêques de France recommandent simplement aux catholiques de "faire pénitence" chaque vendredi, et, pendant le temps de Carême, de s'abstenir de viande les vendredis, de jeûner le mercredi des Cendres et le Vendredi saint, et "de réserver un temps notable à la prière".

À chacun désormais de pratiquer le jeûne qui lui sera profitable. Loin de condamner le jeûne, l'Église recommande surtout que l'on se souvienne de son sens : ascèse et partage, associant le corps, le cœur et l'esprit, comme Jésus le fit lui-même.

Elle propose donc à chacun de trouver le type de jeûne qui lui sera le plus profitable pour se convertir et s'ouvrir au message de la liturgie, à l'amour de Dieu et du prochain. Peut-être, aussi, pour revoir profondément sa vie. Suivant l'exemple des communautés monastiques, certaines communautés nouvelles mais aussi d'autres hommes et femmes convaincus que l'homme ne se nourrit pas seulement de pain, continuent pourtant d'intégrer dans leur vie une pratique régulière du jeûne.

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Publié dans Notre Histoire

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