LA CRÈCHE, QUELLES ORIGINES?

Publié le par L' équipe du blog.

La crèche, quelle origine?

Publié le 13 octobre 2015.

Selon l'évangile de Luc, Marie a déposé l'enfant Jésus dans la mangeoire d'une étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Le mot crèche désigne aujourd'hui toute représentation de la Nativité.

C'est au VIe siècle que l'on situe la première célébration de la nuit de Noël dans l'église de Sainte Marie à Rome, avec des statues de la Vierge Marie, de Joseph, de l'âne et du bœuf.

Selon la légende, François d'Assise "inventa" au 13e siècle la crèche vivante dans une grotte de Greccio en Italie, où les frères mineurs avaient établi un ermitage. Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers, et les paysans étaient joués par les gens du village. Les animaux aussi étaient réels. Thomas de Celano, le premier biographe de François, rapporte qu'il prêcha, durant la messe de Noël, et qu'on le vit se pencher vers la crèche et prendre un enfant dans ses bras.Plus tard, on plaça un enfant dans la mangeoire. Petit à petit, la coutume s'est répandue, sous l'influence des prédicateurs franciscains, surtout en Provence et en Italie.

Les premières crèches "en modèles réduits" firent leur apparition dans les églises au XVI siècle à Prague avec les Jésuites. A la fin du XIXe siècle apparaissent les santons (de santouns : petits saints) façonnés dans l'argile, originaires de Provence. Ces figurines représentent tous les petits métiers traditionnels. Les habitants du villages ainsi représentés apportent le fruit de leur labeur à l'Enfant Jésus. Ces figurines sont venus enrichir le décorum de la crèche traditionnelle. En Provence, la crèche Durant les fêtes de Noël, la pastorale provençale est une pièce jouée et parlée. Elle raconte l'histoire de la nuit de noël. La plus célèbre signée par Antoine Maurel en 1844 fut écrite en provençal.

Il existe de multiples pastorales composées de saynètes parlées et chantées mais celle signée par Maurel est interprétée chaque année à l'époque de Noël en Provence. Elle attire de nombreux provençaux, nostalgiques de la langue de Frédéric Mistral.

2- La crèche au sens strict est une auge, une mangeoire des animaux, c'est dans cette mangeoire que d'après la Bible Jésus a été placé à sa naissance. Par extension, la crèche de Noël représente la mangeoire dans laquelle se trouve Jésus et les personnages qui l'entourent.

La crèche est une tradition chrétienne et catholique. Les pays Anglo-saxons et germaniques en majorité protestants ne suivent pas cette coutume.

Il semble que la tradition de la crèche de Noël date du XIII° siècle et qu'elle ait été instaurée par Saint François d'Assise. En 1223, il organisa une scène vivante de la crèche avant de célébrer la messe de Noël. Cette initiative fut reprise dans toute l'Italie avant de gagner une grande partie de l'Europe dont la France. Peu à peu les crèches vivantes furent remplacées par des crèches de figurines. La Provence et l'Italie développèrent l'art des figurines. Sous la Révolution française, les messes de minuit furent interdites et avec elles les crèches à l'église, les habitants restés fidèles à la religion développèrent la crèche à la maison.

La crèche de Noël illustre la naissance de Jésus-

La crèche de Noël est la représentation de la description de la naissance de Jésus Christ telle qu'elle est relatée dans les évangiles par Luc, dont voici diverses versions du verset de Luc, II, 7 :

  • "Elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes. "
  • "Et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. "
  • Elle enfante son fils, son aîné. Elle l’emmaillote et le couche dans une mangeoire , car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.

La fête de Noël - fête de la naissance de Jésus Christ - existe depuis le III° siècle

Noël est bien entendu la célébration de la naissance du Christ pour l'ensemble du monde chrétien. Mais pourquoi la date du 25 décembre fût-elle choisie ? En réalité les premières fêtes de Noël ne se déroulaient pas sur un seul jour mais sur plusieurs dans une période allant du mois de novembre au mois de janvier.

Le choix de cette période était un choix stratégique de l'Eglise permettant de faire disparaître d'anciennes coutumes et traditions païennes en y substituant l'une des fêtes les plus importantes de la chrétienté : la nativité.

Les saturnales romaines

Bien avant la naissance du Christ, les romains fêtaient les saturnales du 17 au 24 décembre. Les saturnales étaient les fêtes célébrées en l'honneur de Saturne, l'équivalent romain du dieu grec Kronos. Enchaîné par Zeus pour avoir dévoré ses propres enfants, Kronos libéré s'enfuit en Italie où il apporte "l'Age d'or". Pour les romains il devient Saturne dieu des semailles et de l'agriculture. Les saturnales sont la fête de la liberté retrouvée pour tous.

Durant les saturnales tous les clivages sociaux disparaissaient et les rôles pouvaient être renversés. Les esclaves prenaient la place des maîtres qui les servaient ! Une trêve judiciaire était observée pour toute la durée des fêtes ce qui donnait lieu à des excès de toute nature.

Les maisons étaient décorées de feuillages et de branchages en l'honneur du dieu de l'agriculture.

L'église combattit ces fêtes et finit par les interdire à la fin du IV° siècle. L'épiphanie est l'héritière des saturnales.

Mithra, dieu de la lumière

Mithra est une divinité d'origine iranienne, il est le dieu de la lumière et de la vérité. Les soldats romains convertis au culte de Mithra le répandirent dans l'ensemble de l'empire romain.

Le 25 décembre qui était aussi la nuit la plus longue de l'année un taureau était sacrifié en l'honneur de Mithra, cette fête portait le nom de "Sol Invictus" (soleil invaincu). Durant plusieurs siècles le culte de Mithra opposa une grande résistance au christianisme dans toute l'Europe jusqu'en Bretagne et sur les bords du Danube.

Jul

Les fêtes de Jul sont une très ancienne tradition des peuples nordiques. Ces fêtes se déroulaient autour du solstice d'hiver et s'accompagnait de sacrifices humains et de grandes libations. Elles trouvent leurs origines dans les traditions et la mythologie germaniques. Elles étaient données en l'honneur des dieux suivants :

  • Odin dieu de la mort
  • Thor dieu du tonnerre
  • Idun gardienne des pommes de jouvence

La tradition des fêtes de Jul a inspiré le Père Fouettard et le Jul tomte ancêtre du Père Noël.

Le choix du 25 décembre

La fête de Noël n'existait pas au premier temps du christianisme. Les évangiles ne mentionnant même pas la date de naissance de Jésus Christ, l'église dut en choisir une. Dans un premier temps les églises n'avaient pas toutes la même date de célébration de la nativité, puis la date du 25 décembre fut choisie en l'an 354 par l'Eglise d'Occident. L'Eglise d'Orient conserva la date du 6 janvier.

Les origines de la buche de Noël

La tradition de la bûche de Noël, était très répandue en Europe avant l'arrivée de l'électricité.

Quelques jours avant Noël, un gros tronc ou une souche était soigneusement sélectionnée pour tenir le plus longtemps possible. Elle était choisie en bois de fruitier comme le cerisier, le noyer, le châtaignier, l'olivier ou le chêne.

La sélection et la préparation de la bûche de Noël suivaient un rituel très précis. La bûche devait être coupée avant le lever du soleil. Après l'avoir décorée de feuillages et de rubans, la bûche devait être portée à deux jusque dans l'âtre.

Le rituel de l'allumage variait selon les régions, dans le sud, la bûche devait être bénie par le chef de famille avant d'être allumée par le plus jeune de la famille. Dans d'autres régions la bûche devait impérativement être allumée avec des tisons provenant de la bûche de Noël de l'année précédente, alors qu'ailleurs elle était arrosée de vin cuit ...

La bûche de Noël devait brûler le plus lentement possible. Au minimum elle devait se consumer durant toute la nuit de Noël, mais dans certaines régions elle devait tenir jusqu'à l'Epiphanie ! Pour certain la tradition de la bûche de Noël prolonge la coutume des feux de joie celtes des fêtes du solstice d'hiver.

On attribuait des vertus magiques aux cendres de la bûche de Noël, elles étaient donc conservées et réparties pour protéger la maison de la foudre, conjurer du mauvais sort ou pour améliorer les récoltes.

Aujourd'hui, il reste la bûche de Noël en pâtisserie et les bougies de Noël.

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Christian 24/12/2015 17:10

Mgr BARBARIN. Présent sur tous les fronts, l’archevêque de Lyon récemment élu ʺLyonnais de l’annéeʺ revient en cette veille de Noël, dans une interview accordée au Figaro, sur l’année 2015. Concernant le débat sur les crèches de Noël et la laïcité, il explique très justement que « ce n’est jamais en se coupant de ses racines qu’une plante trouve l’énergie dont elle a besoin pour émerger des ronces. » À une question sur la manière de fêter Noël, « après une année aussi terrible », Mgr Barbarin revient de la même manière sur la signification de cette fête religieuse : « À Noël, les chrétiens célèbrent la venue du Prince de la paix. Ils chanteront à pleins poumons le « Gloria ! » bien connu, mais qu’il faudrait écouter avec attention. Ce chant des anges, à Bethléem, signifie que si les hommes cherchent vraiment la gloire de Dieu « au plus haut des cieux », alors la paix viendra sur la terre aux hommes, car Dieu les aime. Mais s’ils ont pour seul but leur gloire, le pouvoir ou l’argent, inévitablement ce sera la guerre. L’Église a choisi de célébrer Noël au moment où la nuit est la plus longue, car Jésus se déclare « lumière du monde ». « C’est justement la nuit qu’il est beau de croire à la lumière », dit-on. C’est ce qui faisait dire à Jean-Paul Sartre dans les conditions tragiques d’un camp de prisonniers : « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la crèche. »