L'île Maurice, une île aux mille couleurs

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L'île Maurice, une île aux mille couleurs

Le 22/02/2015 Par Antoine, parrain de Futura-Voyage
À 180 km à l’est de l’île de la Réunion, l'île Maurice fut hollandaise durant plus d’un siècle avant de devenir française. En 1810, elle devint anglaise, mais la langue française y est restée très parlée. Contrairement à la Réunion, l’île possédait un bon port naturel, celui de Port Louis, et le gouverneur Mahé de la Bourdonnais contribua largement au développement de l’île.
Au marché de Port Louis, une incroyable richesse en fruits et en légumes exotiques, et le marchand de tisanes est toujours là, avec ses herbes qui soignent toutes les maladies imaginables. Une grande partie de la population de l’île Maurice provient de l’Inde : musulmans et surtout hindous, en particulier les Tamouls, originaires du sud de l’Inde : leurs temples sont extraordinairement colorés. Les 4 groupes ethniques et religieux qui se partagent l’île vivent en harmonie, comme en témoigne le drapeau à 4 bandes colorées de l’île Maurice, mais ils se mélangent très peu.
Un paradis pour le tourisme
Maurice, depuis longtemps, est devenue une destination touristique très appréciée ; il faut dire qu’elle est entourée de plages superbes, comme celles de Trou-aux-Biches ou de Grand’Baie. Ici, comme dans tous les hôtels de l’île, les Mauriciens sont particulièrement accueillants, souriants et prévenants.
Non loin de là se trouve le superbe Jardin de Pamplemousses, créé à l’origine par Mahé de la Bourdonnais, et repris ensuite par Pierre Poivre, qui s’attacha à acclimater à l’île Maurice – alors appelée Île de France – de nombreuses espèces tropicales, dont des épices, comme la muscade et le giroflier. Aujourd’hui, le Jardin de Pamplemousses couvre encore près de 25 hectares ; on y trouve de nombreuses espèces de palmiers, mais surtout l’extraordinaire nénuphar géant, nomméVictoria regia, une plante originaire de l’Amazone.
Un peu d'histoire : le destin de Paul et Virginie
L’extrémité nord de l’île Maurice porte le nom de cap Malheureux, plus à cause des conditions de mer agitée que parce que c’est ici que les Anglais débarquèrent pour prendre possession de l’île Maurice en 1810. Un peu plus loin, sur la plage de Poudre d’Or, un monument rappelle le naufrage, la nuit du 15 août 1944, du Saint-Géran. Le malheureux sort qui frappa deux jeunes filles qui étaient à son bord inspira l’écrivain Bernardin de Saint-Pierre, qui en tira le récit Paul et Virginie.
La culture reine à l’île Maurice est celle de la canne à sucre. C’est cette culture qui exigea, au fil des siècles, la venue de main d’œuvre : esclaves venus d’Afrique, puis travailleurs indiens ou chinois. L’île a compté jadis jusqu’à 300 usines sucrières. Aujourd’hui, la concurrence internationale a rendu moins rentable cette culture, et seules une dizaine de sucreries sont encore en opération. La région de Mahébourg a un riche héritage historique ; c’est ici que les Hollandais s’installèrent à Maurice ; c’est à partir d’ici que la foi chrétienne s’implanta dans l’île, et c’est au large de Mahébourg que la flotte des corsaires français vainquit en 1810 la flotte britannique dans la bataille du Grand Port, la seule bataille navale contre les Anglais jamais gagnée par l’Empire. Quelques mois plus tard pourtant, Maurice passait aux mains des Anglais.
Déesses et terres colorées
C’est au sud de l’île Maurice que s’étend le Grand Bassin, un lieu vénéré des hindous de l’île. La légende raconte que l’un des trois personnages les plus importants des hindous, Shiva, laissa un jour tomber un peu de l’eau du Gange, la rivière sacrée, dans ce cratère d’un ancien volcan. Aujourd’hui les hindous de l’île Maurice se rassemblent chaque année par centaines de milliers à l’occasion du Maha Shivaratree. Et toute l’année, ils y viennent en nombre pour prier, faire des offrandes, lancer des bougies allumées sur les eaux du lac, qu’ils nomment ganga talao, en référence au Gange et à la déesse Ganga, née de la chevelure de Shiva et venue des cieux pour sauver l’humanité.
Dans la région s’étend également une grande curiosité géologique, à deux pas de la belle cascade de Chamarel. Ce sont les Terres Colorées, des dunes à l'origine incertaine mais qui sont sûrement le produit d'un volcanisme aujourd'hui éteint à l’île Maurice, dont la formation est beaucoup plus ancienne que celle de l’île de la Réunion.
Enfin, à l’extrémité sud-ouest de l’île se dresse l’imposant morne Brabant, du sommet duquel, à l’abolition de l’esclavage, des esclaves marrons, voyant arriver les soldats chargés de leur annoncer la bonne nouvelle, crurent qu’on venait les arrêter, et se tuèrent en sautant du sommet de la montagne. Aujourd’hui les plages somptueuses qui s’étendent au pied du Morne Brabant abritent un complexe hôtelier merveilleux.
Rodrigues, l’île sœur
À 600 km à l’est de l’île Maurice, la petite terre volcanique de Rodrigues est entourée d’un lagon deux fois plus étendu que l’île elle-même. En 1681, huit huguenots fuyant la révocation de l’Édit de Nantes, s’installèrent dans l’île sous le commandement de François Leguat ; ils n’y restèrent que deux ans. Comme Maurice, Rodrigues resta française jusqu’en 1810, date à laquelle les troupes britanniques débarquèrent à l’Anse aux Anglais. Il n’y eut jamais de grandes cultures à Rodrigues, on fit peu appel à la main d’œuvre indienne : aujourd’hui la population de l’île est en très grande majorité catholique, francophone… et francophile.
La petite ville de Port Mathurin sommeille au pied d’une statue de la Vierge, la Reine de Rodrigues, et dans l’Anse aux Anglais, la vie aujourd’hui est douce et tranquille. L’économie de Rodrigues repose sur un peu d’agriculture… mais la terre est aride. Les Rodriguais se tournent donc vers la mer, à bord de nombreuses barques de pêche traditionnelle, dont on aperçoit à tout instant les voiles sur le lagon. Une des spécialités de Rodrigues, ce sont les zourites, que l’on voit sécher ausoleil, accrochée auprès des maisons. La passe sud-est très sinueuse : on raconte que lorsqu’il l’a créée, le Bon Dieu avait abusé du rhum de l’île Rodrigues.
Le retour des tortues géantes
On a donné le nom de François Leguat, un des premiers Français qui s’installèrent à l’île Rodrigues vers 1681, à une intéressante réserve naturelle proche de l’aéroport. On peut y découvrir à quoi ressemblait le solitaire, l’oiseau qui jadis peuplait cette île, et qui a aujourd’hui disparu, et surtout approcher les tortues géantes d’Aldabra. Lorsque les premiers Français arrivèrent, les tortues terrestres géantes étaient si nombreuses, que François Leguat déclara qu’il était « possible de faire cent pas sur le dos des tortues géantes sans avoir à poser pied à terre ». Dans les années qui suivirent, des milliers de tortues, incapables de se défendre, furent capturées pour nourrir les colons des Mascareignes.

Enfin, sur la côte sud de Rodrigues, un lieu est devenu le rendez-vous des windsurfers et kiteboarders du monde entier. Le petit hôtel Mourouk Ebony, perché sur une colline qui domine un immense lagon, est une parfaite escale pour se reposer, mais ce qui attire les amateurs de glisse, c’est le club de glisse fondé par Nathalie Simon. Toute la journée, les voiles tourbillonnent au-dessus du lagon de l’île Rodrigues, ce spectaculaire bout de terre africaine perdu loin au large, sur les eaux de l’océan Indien.
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