LA FRANCE VUE PAR WALL STREET

Publié le par L' équipe du blog.

« Achetez la Grèce, vendez la France »

(David Einhorn)

Boursorama le 23/10/2014

La dette française est surcotée par les investisseurs internationaux. C’est la conviction tranchée de David Einhorn, le PDG de Greenlight capital, qui recommande plutôt d’acheter les obligations des banques grecques.

La France, une valeur largement surcotée ? C’est l’opinion tranchée de David Einhorn, le PDG du hedge fund Greenlight Capital, qui recommande de spéculer à la baisse la dette française. Exercice habituel de « french bashing » de la part d’une figure de Wall Street ou bien analyse lucide du « cas » français ? On est en droit de s’interroger. Il est vrai que jusqu’à présent, les marchés ont épargné la France. Avec un OAT 10 ans autour de 1,2%, la dette française reste particulièrement peu onéreuse. La raison ? Les liquidités gracieusement fournies par les banques centrales abondent sur les marchés. Pour des raisons prudentielles, les investisseurs achètent des dettes souveraines et se reportent par précaution sur le Bund allemand et… la dette française. Deuxième économie de la zone euro, la France reste en effet un placement de choix, peu risqué.

Mais les critiques pleuvent à son endroit : les vraies réformes structurelles tant attendues par les marchés tardent à venir (marché du travail, 35 heures etc.), les déficits ne sont pas maîtrisés… Le verdict de David Einhorm est implacable : « La Grèce a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer » assène l'activiste américain.

La France vit au-dessus de ses moyens

Ainsi, la Grèce, longtemps clouée au pilori par les marchés, ne mériterait plus son statut de paria des marchés alors que la charge de la dette payée par Athènes est inférieure à celle de la France en pourcentage de leur croissance. Les dernières tensions liées à la présentation du budget de la France auprès de la Commission européenne sont pour le spéculateur américain le signe que la deuxième économie de la zone euro vit au-dessus de ses moyens. Si les marchés prenaient en compte le risque souverain français à sa juste valeur, la situation des finances publiques deviendrait très vite intolérable. Par conséquent, il conviendrait selon David Einhorn de « vendre » à découvert la dette française et d’acheter les obligations des banques grecques (Alpha, Piraeus, NBG etc.).

Cette attaque contre la France intervient alors qu’une étude réalisée par l’Amcham (la chambre de commerce américaine en France) traduit la faible attractivité de la France auprès des investisseurs américains bien que leur « moral » semble se stabiliser. Ainsi, plus de 80% des répondants au Baromètre AmCham-Bain 2014 ne recommanderaient pas la France à des collaborateurs étrangers.

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Publié dans Sujets de société

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