CES ADAGES POPULAIRES QUI NOUS SONT SI FAMILIERS...

Publié le par L' équipe du blog.

Ces adages populaires qui nous sont tellement familiers…

Attention, derrière les vieux adages populaires qui coupent court à toute contradiction, à ne pas tout prendre pour argent comptant.

«C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes » ; « C’est pas la p’tite bête qui va manger la grosse » ; « Il n’y a pas de fumée sans feu » ; « Tout vient à point à qui sait attendre »… Arrrgh… Comme c’est agaçant parfois à entendre ces anciens proverbes avec leurs grands airs de « je-sais-tout » et leurs relents moralisateurs, remontés de l’enfance.

« Un proverbe, c’est la voix de l’humanité qui s’élève malgré les siècles endormis, que seules nos mémoires réveillent […] C’est la conscience des hommes et des peuples qui s’exprime, le fruit de l’observation de générations passées que nous cueillons encore », professe Delphine Dupuis dans son Petit livre de nos célèbres proverbes ou petite histoire de la sagesse populaire, aux éditions Les Vieux Tiroirs. « Un proverbe, écrit-elle encore, c’est un hommage rendu au bon sens commun, à la sagesse et à la morale universelles ».

Bon d’accord, mais encore faut-il éviter de se les transmettre de travers. On arrête, par exemple, d’enfumer les jeunes mariés qui se trempent avec un « Mariage pluvieux, mariage heureux !». Non, non, non. Ce n’est pas ce que les vieux sages nous ont légué, mais plutôt : « Mariage plus vieux, mariage heureux ! ». Ils voulaient nous enseigner que le discernement s’aiguisant avec l’âge, on risquait moins de se rater sur l’élu(e)…

Du bon sens, quoi, et rien à voir avec le taux d’humidité?! Avant de poursuivre, autant préciser qu’il y a de tout dans cette mare d’aphorismes, d’adages, de maximes, de dictons, d’apophtegmes, où grouille notre mémoire populaire. Tous ces grands proverbes, avertit quand même Delphine Dupuis, « ne sont pas tous bons à suivre… certains même se contredisent ».

Prenons, par exemple, le fameux « On n’est jamais si bien servi que par soi-même ». C’est vrai ça… mais pas moins vrai que « c’est le cordonnier le plus mal chaussé ». Faudrait savoir… On va dire que cela reflète les contradictions de l’humanité. Et s’il fallait encore convaincre : « Qui se ressemble s’assemble » mais aussi… « Les opposés s’attirent ».

Agnès Pierron, dans Le bouquin des dictons (Robert-Laffont), parle de « prêt-à-porter de la langue » et d’une « façon d’enchanter le monde » : « Le dicton permet de dire, tout en n’engageant rien, pour le plaisir de parler, autrement dit en pure perte. Il ne mange pas de pain. Il jouit de lui-même. Il jubile. » C’est assez joliment résumé.

Été pluvieux, hiver…

Elle écrit encore : « Un dicton dit quelque chose qui ne se discute pas ». C’est d’ailleurs ce qui les rend si agaçant. Du style : « Il ne faut jamais dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Arrgh… On aurait bien tort de vouloir toujours les prendre au pied de la lettre. Prenons, par exemple, le rébarbatif « L’appétit vient en mangeant » actionné devant une rebutante assiette. C’est quand même ignorer le mécanisme de la satiété?! Et c’est aussi ignorer l’origine d’une expression qui n’avait rien à voir avec l’estomac.

Il s’agit de la réponse d’un curé de campagne faite à Henri III (peut-être Charles IX, on ne sait pas trop…) surpris de voir l’homme d’Église convoiter le grand évêché d’Auxerre alors qu’il paraissait se satisfaire d’une récente promotion. On n’en a jamais assez, voilà ce que ce proverbe voulait dire?!

Les jardiniers sont parmi les plus rompus aux proverbes et savent relativiser. Pas question de se précipiter à la Sainte-Catherine, le 25 novembre, pour tout planter, sous prétexte que tout prend racine. En réalité, à l’origine, ce dicton faisait uniquement allusion aux boutures à bois sec, qui se font lorsque les arbres et arbustes caducs ont perdu leurs feuilles.

Prudence, prudence donc. Et vérification, enquête, investigation même ! Les anciens, à qui on fait dire beaucoup de choses d’ailleurs, auraient aussi déclaré : « Si l’été a été pluvieux, l’hiver sera rigoureux » (gloups) ou « S’il tonne encore en septembre, à Noël, la neige sera haute ». On en reparle dans quelques mois.

Florence Chédotal

( message initial le 1/10/2014 à 10 h50)

CES ADAGES POPULAIRES QUI NOUS SONT SI FAMILIERS...

Publié dans Proverbes et Adages

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manou 18/10/2014 11:18

Beaucoup de vérité vienne de nos anciens, il serait bon quelque fois de les écouter et de les questionner, je suis certaine qu'ils sont des puits de science dans pas mal de domaines. Manou

jps01 01/10/2014 22:57

j'aime bien