LETTRE DE DEMISSION: CE QU'IL NE FAUT PAS ECRIRE...

Publié le par L' équipe du blog.

Lettre de démission : ce qu'il ne faut pas écrire

Séverine Dégallaix 24 septembre 2014

Vous avez décidé de quitter votre entreprise et n'avez plus qu'à rédiger votre lettre de démission ? Restez professionnel jusqu'au bout et ne vous lâchez pas dans cette dernière étape : cela pourrait se retourner contre vous.

« Laisser de mauvais souvenirs à votre employeur peut nuire à votre réputation et à votre carrière, mais de plus, vous voudrez peut-être revenir chez cet employeur dans dix ans. » Sophie Aubard, co-fondatrice de l’Institut du Salarié, résume ainsi pourquoi votre lettre de démission doit rester neutre quelles que soient les circonstances de votre départ.

"Comme la décision de partir est prise, le salarié décide de s’exprimer un peu trop librement."

Gardez pour vous les informations personnelles

De nombreux salariés choisissent de commencer leur lettre de démission par une formule du type "en raison d’un déménagement", "suite à la naissance de mon enfant", ou encore "ayant trouvé une meilleure proposition dans l’entreprise X" car ils se sentent obligés de se justifier. Or, Stéphane Béal, directeur associé de Fidal, cabinet d’avocats d’affaires, rappelle que « légalement, une démission n’a pas à être motivée. » S’il n’est pas interdit d’afficher vos raisons dans la lettre, ce n’est pas non plus recommandé : elles ne regardent que vous.

Évitez les insultes

Cela peut paraître évident, pourtant l’erreur est parfois commise, en particulier si vous avez développé un lien affectif très fort avec votre travail et ressentez votre départ comme un échec personnel. Mais Stéphane Béal prévient : « traiter votre employeur de tous les noms ne fera pas avancer les choses ! » Des mots comme "imbécile", "tyran" ou pire n’ont pas leur place dans un document officiel.

Ne critiquez pas l’entreprise

« Il arrive que le démissionnaire veuille expliquer son départ car il estime qu’il y a des dysfonctionnements dans l’entreprise et, comme il la quitte, il ne risque rien en les soulignant, en particulier si les relations ne sont pas tendues. C’est même rendre service à l’employeur, estime Stéphane Béal, car il pourra ensuite améliorer la situation en fonction de ces remarques. » Mais si certains décident de profiter de la lettre de démission pour exposer ces problèmes, cette solution est déconseillée, car, comme l’explique Sophie Aubard, « la lettre est simplement là pour annoncer ou confirmer une décision, pas pour servir de plaidoyer. » Vous aurez l’occasion de développer vos critiques constructives à l’oral, d’autant qu’il n’est pas rare que l’employeur demande de façon informelle au salarié de lui expliquer les raisons de son choix.

Ne caftez pas

"Pierre passe plus de temps à papoter qu’à travailler", "Romain rabaisse ses collaborateurs", "Aurélie fait faire le travail aux autres et en récolte les bénéfices"… autant de reproches aux collègues et supérieurs que certains sont tentés de coucher sur le papier alors qu’ils n’ont rien à faire dans la lettre de démission. « Ça se voit assez souvent : comme la décision de partir est prise, le salarié décide de s’exprimer un peu trop librement. Franchement, ça souligne un manque de courage, reproche Sophie Aubard. Si on a quelque chose à dire, il fallait le faire avant ! »

Mais alors que faut-il écrire ?

Restez-en aux mentions obligatoires, qui sont, au final, assez peu nombreuses : vos noms et prénoms, le nom de l’entreprise, l’objet de la lettre, la date à laquelle votre démission sera effective, la durée de votre préavis et éventuellement votre volonté de le réduire. Si vous avez accumulé des heures de DIF (Droit individuel à la formation) et souhaitez les utiliser, vous pouvez aussi le mentionner.

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Publié dans Economie

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