LE VER A SOIE...

Publié le par L' équipe du blog.

La Commune de Montmerle était spécialisée, entre autres, dans l'élevage du ver à soie!

Le saviez-vous ?

Le ver à soie est la chenille du papillon Bombyx du mûrier, qui n'existe plus à l'état sauvage. Totalement domestiqué, il ne peut vivre sans l'intervention de l'homme.

Les œufs du ver à soie s'appellent communément "la graine". Autrefois, la dite graine pouvait être mise en incubation dans un lit, chauffé la nuit par ses occupants, et le jour, par des bouillottes !

L'art d'élever les vers à soie est la sériciculture.

Le petit nom occitan du ver à soie est "magnan" (le mangeur). C'est de là que vient le nom du bâtiment d'élevage : la magnanerie.

Au cours de sa vie qui dure environ 30 jours, le ver à soie changera 4 fois de peau (mues) et verra son poids multiplié par 10 000 ! A ce rythme, un nourrisson de 3 kg atteindrait un poids de 30 tonnes et mesurerait 12 mètres de haut !

Le ver à soie est très, très vorace et exclusif en matière d'alimentation : il ne se nourrit que de feuilles de mûrier. Le mûrier est un arbre et pas du tout une ronce du bord des chemins.

Si le châtaignier était appelé "l'arbre à pain", le mûrier était surnommé "l'arbre d'or", autant pour la couleur de son feuillage l'automne venu, mais parce que l'élevage du ver à soie a permis une amélioration des conditions de vie des paysans dans certaines régions du sud de la France jusqu'au début du 20ème siècle.

Le cocon dans lequel le ver à soie s'enferme pour se transformer en papillon est une véritable petite bobine qui peut atteindre 1,5 km de fil. A diamètre égal, ce fil de soie est aussi résistant qu'un fil d'acier.

La couleur des cocons (blanc, jaune, doré, rose...) dépend de la variété des vers à soie élevés.

Un kilo de cocons donneront 200 g de fil et pour un kimono, il vous faudrait environ 3000 cocons.

Nos savants d'aujourd'hui (peut-être un peu fous) font des recherches pour modifier génétiquement le ver à soie afin de lui faire produire, en plus de la soie, entre autres, des médicaments et de la soie...d'araignée ! Celle-ci, en effet, présente des propriétés exceptionnelles de résistance et d'élasticité. Certains rêvent d'en faire des gilets pare-balle...

La découverte du fil à soie

Les mythes et légendes foisonnent à ce sujet !

Retenons l'histoire de la jolie princesse chinoise Xsi-Ling-Shi, épouse du célèbre empereur Haong-Ti.

Xsi-Ling-Shi, qui aimait prendre son thé sous l'ombre bleutée du feuillage des mûriers dressés dans le jardin impérial, écoutait, entourée de ses amies, le doux chant des oiseaux et regardait avec ravissement les papillons multicolores butinant les bosquets fleuris.
Quelle ne fût donc pas sa surprise de découvrir dans sa tasse encore toute chaude, un cocon tombé du ciel.
Avec toute la délicatesse de ses doigts de princesse, elle attrapa un fil et tout le cocon se dévida, dévida...comme une petite bobine.

La soie était née !

Le secret de la fabrication sera jalousement gardé pendant plus de 3000 ans derrière la grande muraille de Chine.

On raconte qu'en 560, l'empereur Justinien aurait envoyé deux moines pour dérober le précieux trésor, ce qu'ils firent en dissimulant les graines (oeufs) de vers à soie dans des cannes en bambou !

L'usage de ce fil qui donne une étoffe magique se répandra alors dans le monde des princes et des riches seigneurs locaux.

Il faudra attendre Henri IV et les travaux d'Olivier de Serres en 1599 pour voir le développement de la sériciculture en France.

Vers 1850, une maladie, "la Pébrine" décimera tous les élevages en France puis s'étendra jusqu'à l'Asie. L'intervention de Pasteur permit de trouver une parade à cette épidémie, mais ...

L'ouverture du Canal de Suez et l'invention des fibres artificielles acheva la belle aventure séricicole française ; la dernière filature a fermé vers 1960, mes magnaneries furent fermées et beaucoup de mûriers arrachés.

Depuis, tous les métiers de la soie commencent par l'importation de soie grège d'Asie ou du Brésil.

LE VER A SOIE...

Publié dans Enseignement

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