ECO-CONDITIONNALITE...

Publié le par L' équipe du blog.

Eco-conditionnalité : les artisans du bâtiment sont-ils prêts ?

EXCLUSIF. RGE, éco-PTZ, CIDD, FeeBat… Autant de sigles et de signes que doivent désormais comprendre et maîtriser les artisans du bâtiment s'ils veulent prendre part au marché de la rénovation thermique des logements. Mais sont-ils prêts à affronter les affres de ce dispositif ? Le sondage exclusif Batiactu/Capeb nous en dit plus.

Capeb

Depuis le 1er septembre 2014, le principe d'éco-conditionnalité des aides à la rénovation thermique des logements est une réalité. Les particuliers vont pouvoir bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro, avant de pouvoir éventuellement le cumuler avec le Crédit d'impôt développement durable dès le 1er janvier 2015. Mais les professionnels du bâtiment sont-ils bien armés pour appréhender ce dispositif ? Qu'implique ce mécanisme dans leur travail au quotidien ?

Henry Halna du Fretay, secrétaire général de la Capeb, nous éclaire sur les résultats de l'enquête* menée par Batiactu auprès des adhérents de l'organisation professionnelle.

Etes-vous prêts pour l'entrée en vigueur de l'éco-conditionnalité ?

A cette question binaire, la réponse est claire : 36% des répondants affirment être prêts, tandis que les deux-tiers ne le sont pas.

"36%, c'est plutôt bien", reconnaît Henry Halna du Fretay, secrétaire général de la Capeb. Qui se défend toutefois de vouloir "faire preuve d'un optimisme béat". "Mais compte tenu du nombre d'entreprises adhérentes (370.042, selon la dernière édition des Chiffres clés 2014, Ndlr), ce n'est pas si mal. C'est-à-dire que 36%, ce sont près de 10.000 entreprises prêtes. Et dans le laps de temps court qui était imparti, c'est finalement positif". Et c'est sans compter les 35% de répondants qui disent être en train de se former ! Un chiffre que le secrétaire général de la Capeb préfère mettre sur le compte des "oui".

Des demandes de formation en forte progression

Il faut dire aussi que toutes les entreprises du bâtiment ne sont pas concernées par l'éco-conditionnalité. "En effet, prenez un peintre ou un tailleur de pierre, le dispositif RGE n'a aucun sens pour eux, de même que les artisans qui n'interviennent que sur le neuf", précise-t-il. Car, difficile de quantifier la part des artisans véritablement intéressés par la performance énergétique.
Côté formation, la Capeb reconnaît une progression très forte des formations FeeBat depuis le début de l'année. "Ce sont de 28 à 30.000 artisans qui seront formés d'ici à la fin 2014, contre environ 20.000 l'an dernier", se félicite Henry Halna du Fretay.

D'ailleurs, son organisation vient de lancer un nouveau module "RENOVE", qui sera mis en place dès le 1er janvier 2015. Il s'agit de la fusion du module 1 (grands concepts de la performance énergétique) et du module 2 (évaluation de la performance énergétique) qui va dans le sens d'une simplification du cursus.

Artisans, vous n'êtes pas prêts pour l'éco-conditionnalité : pour quelles raisons ?

La moitié des répondants est catégorique : ils manquent de temps et de moyens. Dans un contexte de crise où les carnets de commandes sont au plus bas et l'activité en panne, pas facile de mobiliser du temps et de l'argent en dehors de l'entreprise. Surtout quand le chef d'entreprise est bien souvent tout seul aux commandes !

En outre, 43% des artisans qui ont répondu "non" disent manquer d'informations. "Il y a encore pas mal de chemin à parcourir, constate le secrétaire général de la Capeb. C'est toute la difficulté que nous rencontrons à faire passer les informations. Et pourtant, on n'a pas arrêté d'en parler. Preuve qu'il faut sans cesse marteler, répéter. Vous savez, la communication, cela s'inscrit dans le temps et la répétition. Mais cependant, je pense que dire que l'on manque d'informations, c'est une réponse un peu facile et rapide parfois".

Maintenir la dynamique

Parallèlement, Henry Halna du Fretay nous confirme que la Capeb reçoit un grand nombre de demandes d'informations. "L'éco-conditionnalité est un système qui reste complexe pour les entreprises. C'est pourquoi il existe des personnes référentes dans chacune des Capeb en mesure de renseigner les artisans, de les orienter vers le signe RGE le plus adapté à leur profession, et à choisir en connaissance de cause en prenant le temps de la réflexion", souligne-t-il.

Alors, l'éco-conditionnalité, fallait-il maintenir l'échéance ? "Oui, il fallait y aller maintenant ! Et je répète qu'au 1er janvier 2015, un bon nombre d'entreprises seront en situation de répondre à cette nouvelle exigence. Notre propos est de d'accompagner nos entreprises et surtout de ne pas casser la dynamique qui est en place !".

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