CONTROLE RENFORCE DES CHOMEURS.

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Contrôle renforcé des chômeurs: Pôle emploi le fait déjà

Par Alexia Eychenne publié le 02/09/2014

La volonté de François Rebsamen d'augmenter la surveillance des demandeurs d'emploi a provoqué un véritable tollé. Certains conseillers remplissent pourtant déjà cette mission, sans faire bondir le nombre des radiations.

Le ministre du Travail François Rebsamen demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles des demandeurs d'emploi. Une expérimentation dans ce sens a déjà été lancée.

"Un état d'esprit différent, des convocations, des vérifications." Voilà ce que François Rebsamen attend de Pôle emploi. Invité d'iTélé ce mardi 2 septembre, le ministre du Travail a exhorté l'organisme à surveiller que les demandeurs d'emploi font bien tout pour retrouver un poste, par des contrôles plus sévères. De quoi susciter l'indignation des syndicats, qui dénoncent une "stigmatisation" des chômeurs.

Pôle emploi n'a pourtant pas attendu la demande du ministre pour durcir ses procédures, en catimini. Le Monde l'a révélé fin janvier: des agences de la région Paca, de Poitou-Charentes, de Basse-Normandie et de Franche-Comté rodent un nouveau dispositif destiné à suivre de plus près les recherches des demandeurs d'emploi.

Les personnes sont choisies de façon aléatoire

Dans les agences de Manosque et Toulon (Alpes-de-Haute-Provence et Var), par exemple, trois personnes ont été détachées de leur poste habituel pour se consacrer uniquement au contrôle des chômeurs. Toutes volontaires, elles reçoivent chaque jour les noms des inscrits à surveiller. "Un logiciel édite la liste, les personnes sont choisies de façon aléatoire", explique Agnès Campanella, déléguée syndicale Force Ouvrière Pôle emploi dans les Alpes-de-Haute-Provence. N'importe quel demandeur d'emploi peut donc atterrir dans le filet.

6% de radiation

Le "contrôleur" examine son dossier, puis appelle la personne pour la soumettre à une série de questions sur l'état de ses recherches: entretiens d'embauche, formations, etc. Les chômeurs doivent aussi remplir un questionnaire écrit sur leurs démarches. Les conseillers qui jugent les réponses peu crédibles les convoquent à un entretien. Les demandeurs d'emploi doivent parfois fournir des preuves -mails, courriers...- mais "on juge d'abord au ressenti, estime Agnès Campanella, car suivant les métiers et les secteurs, les démarches ne passent pas toujours par l'écrit."

Beaucoup de chômeurs ne savent tout simplement pas comment chercher

Depuis le lancement de l'expérimentation à Manosque et Toulon à l'été 2013, seuls 6% des contrôles ont débouché sur une radiation de 15 jours. Force ouvrière se félicite de cette faible part de sanction. "Dans son esprit, le dispositif vise surtout à accompagner la recherche d'emploi. Il doit plus être une aide pédagogique qu'une punition, car beaucoup de chômeurs ne savent tout simplement pas comment faire", estime Agnès Campanella. La radiation n'est prononcée qu'en ultime recours: "On laisse toujours passer un délai d'au moins qu'15 jours pendant lequel on rappelle la personne. Et si ça ne suffit pas, on la convoque à nouveau pour qu'elle lance des recherches."

Pas de "flicage"

D'après Force ouvrière, Pôle emploi tirera le bilan de l'expérimentation en décembre. L'organisme public en profitera-t-il alors pour étendre le dispositif? Dans la majorité des agences, la mission du contrôle incombe aujourd'hui aux conseillers souvent débordés. "Avant la fusion de l'ANPE et des Assedic, cette tâche revenait à l'inspection du travail, rappelle Christine Brouh, déléguée du SNU en Ile-de-France. Aujourd'hui, les conseillers doivent à la fois inscrire les chômeurs, les placer en entreprise et les contrôler. Nous n'avons déjà pas les moyens de les accompagner convenablement, alors on peut difficilement renforcer la surveillance."

Désigner des conseillers affectés au seul contrôle a le mérite de décharger tous les autres d'une mission "pas toujours bien vécue", estime Agnès Campanella, a fortiori dans un climat parfois tendu entre les usagers et le personnel de Pôle emploi. Mais "à condition qu'elle ne se transforme pas en flicage".


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Manou 18/10/2014 17:15

Vérifier que les vrais chômeurs touchent leurs prestations et fasse effectivement des recherches pour trouver ou retrouver un travail, je n'appelle pas ça "un flicage" mais du bon sens, afin que personne ne soit gruger dans ses droits et qu'ils n'oublis pas ses devoirs. Merci. Manou