COMMENT PLACER MON POGNON?

Publié le par L' équipe du blog.

Les réflexes sont naturels en temps de crise, et nous sommes en plein dedans. Les Français épargnent donc plus que d'habitude. Il faut rappeler que l'Epargne est le montant des Revenus non Consommés. Bien que les Revenus ne progressent pas à la vitesse de l'inflation, les Français se serrent la ceinture et mettent dans leur "bas de laine".

C'est un constat, mais comment placer son Epargne? Quelle stratégie adopter? Sur quels supports?...

Surtout, demandez conseil aux Professionnels...

************************************************************************************************

ARGENT-PLACEMENT

Placement des liquidités

Quelle stratégie adopter pour votre trésorerie ?

Sicav monétaires et autres placements de court terme ne rapportent plus rien ou presque. C'est le moment de revoir votre stratégie pour doper le rendement tout en limitant le risque.

Historiquement bas. Difficile de qualifier autrement les taux d'intérêt de la zone euro. Mario Draghi, le gouverneur de la Banque centrale européenne, a en effet frappé un grand coup le 5 juin dernier en abaissant son principal taux directeur à 0,15 % pour redonner des couleurs à l'inflation et relancer la croissance. Car à 0,5 % en rythme annuel, la hausse des prix dans la zone euro est au plancher. Ce qui laisse planer sur l'économie la menace d'une déflation, d'où l'intervention forte de la BCE.

Mais, pour les épargnants, la conséquence directe n'est pas favorable : les placements de trésorerie, plus ou moins directement liés au niveau des taux d'intérêt à court terme, ne rapportent plus rien ! Pire, cette situation devrait s'installer pendant encore de longs mois. Or, un placement qui ne rapporte rien... vous coûte en réalité. Après inflation, même faible, et fiscalité, les maigres gains de vos placements sans risque se retrouvent réduits à néant.

Il faut cependant conserver une partie de votre épargne sur des placements à la fois liquides et sans risque : elle pourra être mobilisée pour faire face à un coup dur (perte d'emploi, soins coûteux...), financer une dépense importante (changement de logement...) ou tout simplement régler vos impôts. Il n'empêche, c'est incontestablement le moment de repenser votre stratégie de placement des liquidités. Xavier de Laforcade, directeur de la gestion financière de la banque privée Rothschild Patrimoine s'y emploie pour ses clients : « Cela fait près de deux ans que nous réfléchissons avec eux à la meilleure stratégie pour leur trésorerie compte tenu des rendements de plus en plus faibles. »

Le livret A pour l'épargne de précaution

Les livrets réglementés restent une solution de premier choix, en dépit de la baisse de leur rémunération. Depuis le 1eraoût 2014, le livret A et le LDD ne rapportent plus que 1 % contre 1,25 % précédemment. Parfaitement liquides, sans risque et surtout exonérés d'impôts et de contributions sociales, ces deux livrets réglementés restent le réceptacle prioritaire de votre épargne de précaution. À titre de comparaison, les Sicav de trésorerie n'ont rapporté que 0,24 % sur un an au 8 août 2014 d'après Europerformance Six Financial Information. Autrement dit, leurs porteurs se sont appauvris en les conservant puisque cette performance est largement inférieure à la hausse des prix de 0,5 % sur la même période. Sans compter la fiscalité.

Livrets bancaires et PEL : soyez opportuniste !

Parmi les alternatives sans risque, il faut aussi s'intéresser aux offres des livrets bancaires fiscalisés, à condition toutefois de bénéficier d'un taux promotionnel. Ainsi, certaines banques (accessibles en ligne seulement) comme PSA Banque, RCI Banque (groupe Renault) ou encore BforBank proposent des taux « boostés » compris entre 4,50 % et 5 % brut sur trois à quatre mois aux nouveaux clients ouvrant un premier livret dans l'établissement. Mais il s'agit d'une stratégie opportuniste puisque le niveau élevé du taux promotionnel ne dure qu'un temps : ces super livrets constituent donc une bonne solution si vous avez une entrée d'argent importante à placer, par exemple en cas de succession ou suite à la vente d'un bien immobilier. Pensez aussi au Plan d'Épargne Logement (PEL) qui rapporte 2,50 % bruts, soit 2,11 % après prélèvements sociaux. Mais attention, cette rémunération n'est garantie que si vous conservez votre plan au moins deux ans ! Il s'agit donc d'un placement de moyen terme. Et il n'est pas liquide comme un livret : tout retrait, quelle que soit la date, entraîne la clôture du plan. Mais à 2,11 % sans risque, le PEL reste un placement avantageux, pour y investir une épargne dont vous n'aurez pas besoin dans l'immédiat.

Liquider partiellement votre assurance-vie

Autre solution, utiliser le fonds en euros de l'assurance-vie qui reste, lui aussi, une bonne alternative. À 2,80 % en moyenne pour 2013, le rendement de ce fonds garanti s'effrite certes, année après année, mais reste correct compte tenu du contexte actuel de taux d'intérêt. « Le PEL et le fonds en euros de l'assurance-vie s'inscrivent tous les deux dans une logique d'épargne longue plutôt que pour l'épargne de précaution », souligne cependant l'économiste Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle de l'Épargne. Mais rien ne vous empêche de réaliser des retraits partiels sur votre contrat, en fonction de son âge, pour bénéficier d'une fiscalité adoucie.

« L'environnement de taux d'intérêt très faibles se traduit par une véritable créativité des gestionnaires pour doper les rendements. Les offres de fonds prudents se multiplient. On trouve notamment des fonds en euros boostés visant un rendement de 4 à 5 % », constate Alexandre Neuvy, gérant associé de la société de gestion indépendante Amplégest.

Les fonds « flexibles » en renfort...

« Notre rôle est d'aider le client à choisir parmi différentes solutions en fonction de ses objectifs et de ses contraintes », poursuit ce professionnel de la gestion financière. Car il n'existe pas une, mais plusieurs réponses à la baisse des rendements de l'épargne sans risque. « Nous proposons aux clients de conserver une partie de leur trésorerie sur des placements sans risque, tout en acceptant une prise de risque conséquente sur l'autre partie, en visant une performance annuelle bien supérieure à 5 % », explique Xavier de Laforcade chez Rothschild Patrimoine. « Au final, ce mix entre placements liquides et produits risqués permet de faire ressortir un gain compris entre 2 et 3 % pour une prise de risque limitée. » Reste à choisir les familles de produits susceptibles de remplir cette fonction. Les fonds flexibles, pouvant faire varier leur allocation en actions entre 0 et 100 % répondent à cette problématique dans la durée. « 90 % des fonds flexibles affichent une performance positive sur trois ans », calcule Alexandre Cassan, chargé d'étude OPCVM chez Europerformance Six Financial Information. Ces produits « tout terrain » permettent à l'investisseur de déléguer l'allocation d'actifs au gérant, avec un carnet de route plus ou moins strict puisque la marge de manoeuvre du gérant varie d'un produit à l'autre. « Nous apportons une solution complémentaire au monétaire et au fonds en euros de l'assurance-vie en proposant un fonds capable de s'adapter à différentes configurations de marché avec un objectif de préservation du capital à horizon de 3 ans », indique Marc Olivier, directeur général France de Nordea Investment Funds, qui propose notamment le fonds Nordea 1 Stable Return Fund. Ce dernier affiche une performance annualisée de 7,45 % depuis cinq ans.

... ou les fonds prudents

Autre possibilité, il existe des fonds profilés prudents, éligibles à l'assurance-vie, n'investissant pas plus de 10 % ou 20 % en actions. Leur objectif n'est pas d'atteindre des performances annuelles à deux chiffres, mais ces produits apportent un vrai « plus » par rapport aux Sicav monétaires. Ainsi, la catégorie des fonds profilés prudents gagne 2,93 % sur un an au 8 août 2014.

D'autres types de produits comme certains fonds alternatifs prudents, des fonds structurés à capital garanti, etc., peuvent aussi permettre de doper le rendement de votre poche consacrée à l'épargne de précaution à condition d'accepter une dose de risque (et de frais !).

Mais dans le monde cartésien de la finance, l'expression popularisée par le prix Nobel d'économie américain Milton Friedman reste de mise : « there is no such thing as free lunch », ou, en français, « il n'y a jamais de déjeuner gratuit ». Tout se paie à un moment ou à un autre. Vous voulez du rendement ? Il faut le payer, soit en prenant du risque, soit en renonçant à la liquidité de vos avoirs...

Remarque : Fuyez les fonds obligataires !
La catégorie Obligations Euro Long terme progresse de 6,57 % sur les 8 premiers mois de 2014 d'après Europerformance Six Financial Information. Ces bons résultats s'expliquent par la forte baisse des taux d'intérêt à long terme ces derniers mois : l'OAT 10 ans est passée de 2,50 % fin décembre 2013 à 1,33 % le 15 août 2014. Cette baisse des taux longs s'est mécaniquement traduite par la hausse de la valeur des anciennes obligations émises à des taux plus attractifs, vers lesquelles se sont logiquement tournés les investisseurs. Autrement dit, la valeur d'une obligation évolue en sens inverse des taux d'intérêt (elle monte quand ils baissent). Tant mieux pour les épargnants qui détenaient déjà ces Sicav obligataires. Mais attention, l'avenir devrait leur réserver de mauvaises surprises. En effet, lorsque les taux d'intérêt à long terme repartiront un jour à la hausse, à la faveur d'une amélioration de l'économie européenne, les performances des Sicav obligataires plongeront dans le rouge. La catégorie la plus impactée sera celle des obligations à long terme, mais les Sicav obligataires court terme ne seront pas épargnées. Ce n'est donc pas le moment, pour booster le rendement de votre trésorerie, de vous placer sur ce type de fonds. À une exception près. « En conservant des obligations jusqu'à leur échéance, on neutralise l'effet taux, explique Marie Saltiel, gérante associée chez Amplégest. C'est pourquoi il existe des fonds obligataires à échéance. Ils sont peu sensibles aux taux d'intérêt et ne présentent pas de risque de perte en capital, sauf défaillance d'un émetteur, pour les investisseurs les conservant jusqu'à l'échéance. » Du rendement certes, mais, en ce cas, il faut faire une croix sur la liquidité.

Remarque : Gare à l'excès de monétaire dans l'épargne salariale
Comme 11 millions de salariés, vous détenez peut-être un plan d'épargne entreprise ? C'est bien puisque cette enveloppe reste l'une des plus efficaces sur le plan fiscal pour placer votre épargne. À condition, toutefois, de la gérer efficacement. Or, 36 % des fonds d'épargne salariale diversifiés (hors actionnariat salarié) sont investis en monétaire. Autrement dit, les salariés conservent plus d'un tiers de leur épargne sur un fonds... ne rapportant strictement rien ! Une hérésie dans le cadre d'une enveloppe de moyen terme, puisque les sommes placées sur un PEE ne sont disponibles qu'après cinq ans. Souvent, les salariés ne sont d'ailleurs pas conscients de la part importante qu'ils consacrent au monétaire, ces fonds étant le réceptacle naturel de l'épargne salariale lorsque le salarié n'indique pas comment il souhaite investir sa participation ou son intéressement. Le bon sens plaide pourtant pour un choix un peu plus rémunérateur. Les salariés souhaitant limiter leur prise de risque peuvent, par exemple, se positionner vers un fonds diversifié prudent.

Remarque : 9/10
Proportion des fonds flexibles (ou « patrimoniaux ») affichant une performance positive sur 3 ans, selon Europerformance Six Financial Information

COMMENT PLACER MON POGNON?

Publié dans Economie

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article