DEFENSE DU DROIT A L'AVORTEMENT

Publié le par L'équipe.

Défense du droit a l'avortement

L’avortement est un droit fondamental qui conditionne tous les autres droits et l’accès des femmes à leur autonomie, à leur choix de vie, à leur liberté.

La loi prévue aujourd’hui par le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy remet en cause ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps et à décider pour elles mêmes d’interrompre une grossesse non voulue en limitant fortement l’accès à ce droit.

Le projet limite drastiquement le droit à l'avortement et n'autorise les interruptions de grossesse que dans les cas de viol et de risques "durables ou permanents" pour la santé physique ou psychique de la mère. Les malformations des bébés à naître ne seraient plus une raison pour avorter. Et le texte tel qu'il a été exposé exige tant de certificats médicaux et de démarches qu'il sera impossible d'avorter en Espagne.

Il s’agit d’une position morale et idéologique que rien ne justifie, et qui va à l’encontre de ce que pensent ou veulent la majorité des Espagnoles, femmes et hommes.

C’est une régression pour les femmes, au nom d’une vision étroite et restrictive de la famille, de la place et du rôle des femmes. Cette loi aurait de très graves conséquences pour les femmes. Elle les obligerait à avorter à l’étranger, si elles en ont les moyens, ou de façon clandestine, au risque de leur santé, pour celles qui ne le pourront pas.

N’oublions pas qu’une femme meurt dans le monde toutes les 8 mn d’un avortement clandestin.

Cette décision du gouvernement espagnol va à l’encontre de deux résolutions votées par le parlement européen en 2011, dont l’une qui affirmait « l’union européenne et les états membres doivent garantir aux femmes un accès aisé aux moyens de contraception ainsi que le droit à un avortement sûr ».

Ce projet de loi espagnol s’inscrit dans un contexte de forte mobilisation des forces conservatrices de droite et d’extrême droite : elle a conduit le parlement européen à rejeter en décembre dernier le rapport Estrela, qui proposait à l’Union Européenne d’affirmer l’égalité des droits entre les citoyens et citoyennes d’Europe en matière d’avortement, de contraception, et d’éducation sexuelle.

En France la loi progresse, avec la suppression de la notion de « détresse » qui inscrit clairement le fait que c’est à la femme de décider, et à elle seule !

Mais :

- de plus en plus de médecins français refusent cet acte,

- en moins de dix ans, 5 % des établissements publics et 48 % des établissements privés pratiquant l’interruption volontaire de grossesse ont fermé, soit 130 centres au total.

Les conséquences ? Des délais d’attente trop longs, l’impossibilité de choisir la méthode d’interruption de grossesse ou le type d’anesthésie (locale ou générale), des personnels en sous-effectif ou mal formés. Le remboursement du forfait IVG à 100 %, qui ne l’est pas vraiment. « L’échographie de datation ainsi que la prise de sang ne sont pas prises en charge partout », pointe Véronique Séhier. Un obstacle supplémentaire dans le parcours de combattante de la candidate à l’avortement. « L’IVG est le parent pauvre des services hospitaliers, note le Dr Philippe Faucher, gynécologue au service d’orthogénie de l’hôpital Trousseau, à Paris. Ce n’est pas une activité rentable, même si elle a été revalorisée il y a peu. On a du mal à recruter. Les IVG n’intéressent pas les jeunes, ils ne trouvent pas ça gratifiant. » Bon nombre de médecins militants partent ainsi à la retraite sans relève.

" L'IVG est un droit à part entière et pas une simple tolérance assortie de conditions !

Près de 40 ans après la loi Veil, dans le cadre du projet de loi sur l'égalité femmes-hommes, les députés français ont adopté un amendement qui supprime la notion de "détresse", pour une femme ne voulant "pas poursuivre une grossesse" et rejeté le dé-remboursement de l'acte, ce qui conforte le droit à l'avortement.

Et en citant l’Espagne comme contre-exemple, la gauche a défendu le droit des femmes à disposer librement de leur corps et dénoncé tout diktat d'un "ordre moral" et toute tentation de "retour en arrière" à un temps d'"aiguilles à tricoter" et de "faiseuses d'anges".

Rappelons le courage de Simone Veil en 1975, soulignant qu'une IVG n'était "jamais un acte banal" mais une "décision douloureuse" et qu'une femme n'y recourait pas "pour le plaisir" ou comme "moyen de contraception".

Oui à nos droits, tous nos droits, et à la liberté de choix d’avoir un enfant, ou non.

MAB et CV

DEFENSE DU DROIT A L'AVORTEMENT

Publié dans Au Féminin

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article